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Décryptage

L'élevage : quel véritable impact sur la planète?

L’élevage est aujourd’hui au cœur de débats passionnés et est très souvent pointé du doigt pour son impact sur l’environnement. L’anecdote  des rots des vaches et leurs contributions à la production de gaz à effet de serres est rentrée dans les mœurs.

Quel est le véritable impact de l’élevage sur la planète et quelles seraient les répercussions de la suppression de ce dernier?

Quels impacts de l’élevage sur l’environnement ?

Voici un point (non exhaustif) de l’impact de l’élevage sur l’environnement, les idées reçues sur le sujet, et l’état actuel des connaissances sur le sujet :

Élevage et surfaces agricoles

L’élevage utilise 70% des terres agricoles de la planète, ceci peut paraitre beaucoup. Cependant,  il faut préciser qu’il s’agit essentiellement de terres non labourables, c’est à dire des terres non cultivables. Elles sont composées de prairies et de zones herbeuses.

 

Élevage et émissions de gaz à effets de serre

L’élevage a un impact clairement négatif sur le réchauffement climatique et sur la qualité de l’air de par sa contribution aux émissions anthropiques de gaz à effets de serre, c’est à dire ceux générés par l’Homme, notamment le méthane et les émissions d’ammoniaque.

La contribution de l’élevage aux émissions de gaz à effet de serre est estimée à 14,5 % au niveau mondial (FAO, 2013).

Dans l’Union européenne, environ 42 % des émissions de l’élevage proviennent de l’alimentation animale, 22 % de la fermentation entérique (émissions de méthane), 19 % des effluents d’élevage (déjections, fumiers, lisiers) et 17 % de la consommation d’énergie directe et indirectes.

Les ruminants sont, parmi les animaux d’élevage, les principaux émetteurs de gaz à effets de serre générés par l’Homme, car ils émettent la majorité du méthane par les rots. Ceci est la conséquence d’un système digestif performant qui leur permet de valoriser la cellulose (sucre présent dans la parois des cellules végétales que l’Homme est incapable de digérer). La production de viande issue des ruminants émet plus de gaz à effets de serre par unité de protéine produite que les monogastriques (porcs, volailles, lapins).

Cependant, il faut souligner que les systèmes de production de ruminants basés sur les prairies permanentes* ont un potentiel important de séquestration durable du carbone et contrebalanceraient alors une partie des gaz à effets de serre émis. Plusieurs projets de recherche européens ont montré que le stockage de carbone des prairies compense l’équivalent de 30 à 80% des émissions de méthane des ruminants.

*toute surface dans laquelle l’herbe ou d’autres plantes fourragères herbacées prédominent depuis cinq années

Élevage et consommation d’ eau

On trouve très fréquemment le chiffre de 15 000 litres d’eau consommée pour produire 1 kg de viande. Ce chiffre est vrai dans le calcul mais l’eau de pluie est comptée et  représente 95% de cette valeur. Quelques explications …

En effet pour son calcul  la méthode de « water footprint » (empreinte eau) est utilisée et cette dernière  englobe :

  • l’eau bleue : eau réellement consommée par les animaux et l’irrigation des cultures,
  • l’eau grise : eau utilisée pour dépolluer les effluents et les recycler,
  • l’eau verte : eau de pluie

Cette méthode a été conçue pour des sites industriels et ne tient pas compte des cycles biologiques.

En réalité 95% du chiffre avancé pour l’élevage correspond à de l’eau de pluie, captée dans les sols et évapo-transpirée par les plantes, et qui retourne de fait dans le cycle de l’eau. Ce cycle continuera même s’il n’y a plus d’animaux.

La communauté scientifique considère qu’il faut entre 550 à 700 litres d’eau pour produire 1kg de viande de bœuf.

Que serait un monde sans élevage?

Jean-Louis Peyraud, directeur scientifique adjoint Agriculture à l’INRA, donne son avis sur le sujet : « Supprimer l’élevage serait un non-sens absolu. Cela conduirait à des catastrophes humanitaires, réduirait notre possibilité de nourrir l’humanité demain, sans compter que ce serait nier tout un pan de notre culture gastronomique. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il ne faut pas progresser dans notre manière d’élever les animaux, de les respecter, de leur offrir une vie digne et faire en sorte que la mort soit sans douleur et stress. Il est indéniable que des progrès majeurs sont à effectuer dans ces domaines pour répondre aux attentes de nos sociétés européennes, aujourd’hui bien nourries, et qui sont de plus en plus soucieuses des conditions dans lesquelles leur alimentation est produite. » [extrait de « Que serait un monde sans élevage?  » -Académie d’Agriculture de France].

Élevage et environnement : tester vos connaissances

Savez-vous ce qu’est un ruminant? Ce que mange les bovins?  Testez vos connaissances avec ce quiz concocté par l’INRA : (cliquez sur l’image)

 

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