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Décryptage

Comment mieux manger de la viande au 21ème siècle?

En partenariat avec

MOTTANAÏ
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Eleveurs autrement
Eleveurs autrement
Bleu Blanc Coeur
Bleu Blanc Coeur

 

Une viande banalisée et sans cesse pointée du doigt. Des éleveurs mal payés qui doivent répondre aux exigences croissantes des consommateurs. La filière animale se porte mal et le consommateur s’interroge. Est-il  possible de manger une viande durable et comment s’y prendre ? Comment revoir les systèmes sans impacter les acteurs de la filière ? Zoom sur des initiatives qui œuvrent pour des filières animales plus durables.

MOTTAINAÏ

Consommer de la viande durable, c’est déjà être curieux de connaître son origine, de son procédé de production, de transformation, etc. – Témoignage de Clarisse Prévost 

MOTTAINAÏ Paris s’engage aux côtés des artisans du vivant . Depuis 2014, elle conseille, forme et met en réseau des hommes et des femmes de conviction qui ont choisi de repenser leurs métiers avec éthique commerciale et responsabilité environnementale. Avec nos formules la Voie du Boucher et Racine Carnée , nous bâtissons une filière raisonnée, respectueuse du vivant et de la matière . Nous remettons la nature et la main d’oeuvre au centre d’un rayonnement collectif et durable pour prescrire une viande d’artisans de qualité aux variétés gustatives, tout en limitant son gâchis et ses excès.

Témoignage:

Quels sont les enjeux rencontrés par la filière viande aujourd’hui?

Est-il possible de manger de la viande « durable » aujourd’hui?

Est-ce accessible à toutes les tranches de la population?

Comment imaginez-vous la filière de la viande à horizon 2030-2050 ?

 

Bleu Blanc Coeur

La marque des filières agricoles engagées pour l’Agro-Ecologie – Témoignage de Nathalie Kerhoas directrice de BBC

Bleu-Blanc-Cœur est une association créée pour promouvoir une agriculture responsable avec un objectif d’amélioration de la qualité nutritionnelle et environnementale de notre alimentation. Elle est reconnue d’intérêt nutritionnel et environnemental par les Ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé. Son concept est simple: mieux nourrir l’animal pour mieux nourrir l’homme. « Nous œuvrons pour une plus grande diversité et un meilleur équilibre dans l’auge des animaux d’élevage en réhabilitant certaines plantes et graines (herbe, luzerne, lin, lupin, féverole…) dotées de vertus agronomiques (protéagineux) et nutritionnelles (Oméga 3, polyphénols, anthocyanes, flavonoïdes, oligo-éléments indispensables à notre santé), qui arrivent dans nos assiettes, puis dans nos corps grâce à cette formidable mécanique de la chaîne alimentaire. »

Témoignage de Nathalie Kerhoas, directrice:

Quels sont les enjeux rencontrés par les filières animales aujourd’hui?

L’enjeu des filières animales est majeur. Les attentes sociétales évoluent vers plus d’attentes en matière de nutrition, de durabilité. Le consommateur est en attente d’une alimentation moindre en quantité et plus qualitative. Il y a donc un enjeu d’organiser des filières de productions agricoles et d’élevage plus soucieuses de la qualité (au sens large) et plus spécifiquement de la qualité nutritionnelle (attente n°1 des français selon le CREDOC), qui en sus respecte l’environnement et la diversité dans nos paysages ; sans oublier le respect de la santé et du bien-être animal et aussi qui soient rémunératrices pour les producteurs et les éleveurs français.

C’est en ce sens que Bleu-Blanc-Cœur travaille et organise une filière agricole à vocation santé ; qui émerge et séduit de plus en plus de consommateurs. La marque BBC devient une promesse consommateur crédible et est en capacité aujourd’hui d’emmener les filières vers cet objectif de santé et donc de porter des objectifs de différenciation sur l’environnement, la santé animale, l’autonomie protéique… (et donc l’ensemble des argumentaires présentés dans l’article en PJ).

Est-il possible de consommer des produits animaux de manière « durable » aujourd’hui?

Oui bien entendu. A ce titre, je vous invite à lire cet article de Pierre WEILL, Président BBC, qui présente notre vision sur le sujet : https://www.linkedin.com/pulse/v%C3%A9ganisme-en-restauration-collective-pierre-weill/

Comment imaginez-vous la filière animale et plus particulièrement la filière de la viande à horizon 2030-2050 ?

On espère vraiment que cette filière française sera qualitative et donc différenciante des bovins d’imports (issus de feedlots). Cette filière a la possibilité d’être différente, d’être un joli marqueur de la diversité de nos territoires, d’être vertueuses sur le plan environnemental avec un impact carbone très positif (je pense notamment à la démarche Eco-méthane que nous portons et qui vise à améliorer l’empreinte carbone de la viande en lien avec une meilleure alimentation…)

Quels sont pour vous les leviers identifiés pour rendre ces filières plus durables?

La voie alimentaire est vraiment un levier très efficace pour améliorer la durabilité de la production de viande bovine (cf. Eco-méthane cité ci-avant).

Éleveurs autrement

Remettre l’humain au coeur de sa vie, de son troupeau, de ses champs – Témoignage de Bruno Gourdon

Créée en 2015 par un collectif d’agriculteurs qui souhaitent reprendre la main sur leur exploitation, Eleveurs Autrement propose des formations agréées, au coeur des nouvelles pratiques d’agro-écologie, à tous les agriculteurs.

Bruno Gourdon, fondateur, s’est donné pour objectifs de remettre l’humain au milieu de sa vie, de métier, bref au centre de lui-même. Témoignage:

Selon vous, quelles sont les grandes problématiques rencontrés par les éleveurs aujourd’hui? 

Nous répondrons le « trop de matérialité ». Dans nos apprentissages professionnels, dans nos suivis sur les fermes par des techniciens, ingénieurs du domaine, par les slogans et des lectures spécialisées, dans les propos de la recherche scientifique, des responsables professionnels, des syndicats, la seule nuance qui semble avoir droit de citer est celle de la quantité de matière (kg d’engrais, d’aliments, doses d’antibiotiques, quantité de tel ou tel pathogènes, nombre d’animaux etc.).

La QUANTITE s’est taillée la part belle dans le conscient et une partie de l’inconscient collectif. Pour nous « éleveurs autrement » il faut constamment mettre en sourdine ce réflexe pour approcher d’autres voies et solutions et se positionner enfin comme chef d’orchestre de notre vie et de notre troupeau ou de nos champs.

Que proposez-vous pour répondre à ces enjeux? 

Par exemple, nous n’allons pas uniquement nous focaliser sur les quantités de protéines et d’énergie distribuées aux animaux mais nous allons étendre notre réflexion et nos observations sur des signes corporels que vont induire la « digestion » de la ration. Si des signes de rougeurs, d’écoulements liquides aux muqueuses deviennent trop pressants, non seulement nous vérifierons le rationnement mais nous nous mettrons en alerte sur l’éventuelle présence de signes de certaines pathologies que risquent de développer les sentinelles du troupeau (nous avons souvent observé que des corps qui extériorisent ces signes développent des inflammations de la mamelle, des boiteries etc) et si au pire la pathologie est déclarée, nous garderons en mémoire le discours pathologique, et pour aider l’animal à activer sa dynamique, nous aurons recours à des pratiques de soins manuelles, des prises de remèdes homéo etc.

Comment imaginez-vous l’élevage à horizon 2050 ? 

Je répondrai tout simplement que si l’univers matérialisant est remis à sa juste place et pas plus et que les générations à venir cherchent à repositionner le « centrage de chacun » au goût du jour, des initiatives comme les notre vont fleurir, se développer. La rencontre avec la masse critique d’une telle orientation nous entrainera alors dans un monde plus attrayant, plus riche et plus respectueux.

Si à cette question, nous devons plus aborder l’élevage des animaux, nous pensons qu’avec les expériences de comportement et de communication que nous développons et testons, nous allons nous diriger vers une réduction du « minerai animal » comme l’appellent les professionnels de la viande. A la place nous pourrions assister à une consommation de corps animal plus modeste et plus réfléchie si toutefois les éleveurs peuvent démontrer une logique qui allierait le respect du don de vie à une qualité d’élevage sur le plan technique et relationnel avec l’éleveur.

Il est fort à parier que les produits issus du corps animal comme le lait, les œufs, la laine s’ils procèdent de la même cohérence auront à profiter de cette juste symbiose (échange équitable) entre l’humain et l’animal.

En conclusion

Ces témoignages nous montrent que de plus en plus d’acteurs de la filière animale s’engagent pour faire évoluer le système et que les moyens d’actions sont multiples. Parmi les éléments cités : l’importance d’améliorer la qualité et la traçabilité des produits, l’importance d’intégrer l’ensemble des acteurs de la filière dans cette réflexion en formant et en sensibilisant les métiers de la filière en amont : les éleveurs, mais aussi les bouchers et les consommateurs, qui ont un rôle à jouer en commençant par interroger leurs modes de consommation.

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